Mon coeur s’est serré lorsque je suis passée devant sa stalle. La stalle de Yota.
Yota c’est le cheval que j’avais l’habitude de monter lorsque je pratiquais l’équitation. C’était le cheval le plus vif du club. On me l’avait attribué parce qu’il correspondait à mon comportement vif et volubile.
Yota est mort.
Des regrets.
Je n’ai jamais pu éprouver un sentiment envers Yota. Ni envers un autre cheval. De temps en temps je montais aussi Ira. Ira était majestueuse et un peu plus obéissante.
Ira est morte.
Des regrets. Des regrets. Des regrets.
Dans la stalle de Yota, j’étais terrorisée. Souvent le directeur m’enfermait à clé pour que j’arrive à créer une relation plus intime avec Yota, mais je restais le dos au mur sans bouger pendant de longues minutes à étouffer.
Ce qui m’étonnait lorsque je prenais des cours d’équitation, c’était la cruauté des moniteurs envers les chevaux. Pour eux, un cheval c’était bête, et à coups de poings dans la gueule du cheval ils faisaient régner la discipline. Ils nous disaient de faire la même chose si notre cheval ne nous obéissait pas.
Mais ça je ne pouvais pas.
Pas de regrets.
Pendant les cours, le directeur qui était bègue passait sont temps à gueuler sur sa tête de turc. C’était sa façon de s’exprimer sans bégailler.
Plus il criait, moins il bégaillait.
Dans une prairie glaciale je l’ai aperçu. Ce cheval dont j’ignore le nom à parcouru une centaine de mètres pour venir à ma rencontre. Lorsqu’il s’est approché de moi j’étais très émue. Je me suis dit que peut-être qu’il m’aimait bien.
Déjà.
J’ai tendu ma main vers lui et avec confiance.
J’ai imaginé que nous partions ensemble pour une belle balade dans la campagne givrée, et que nous franchissions tous les obstacles en riant aux éclats, même les obstacles les plus démoniaques, juste pour tomber et avoir mal ensemble.
J’aurais voulu partager avec lui un peu de ma liberté. Cette liberté que je n’ai pas envie de gaspiller.
"C’est sûr qu’on vit de justesse" Little French Songs. Carla Bruni.



. Je viens de louer un nouvel appart à Paris et mon homme et moi sommes des nuls du bricolage
. Ce n’est pas qu’on aime pas ça, au contraire, mais on a pas l’outillage ni les connaissances. Bref, voila pour la présentation.



































Ouvrir le champs des possibles.
Golf de Val Queven. Photo Lavieenrouge.
Aujourd’hui j’ai un an de plus.
L’année dernière, jour pour jour, j’avais envie de…
Envie de ne plus hésiter entre l’ombre et la lumière.
Etant donné ma personnalité ce n’était pas gagné.
Longtemps j’ai préféré rester seule, le nez plongé dans des ouvrages comme "Les Juifs allemands de Paris à l’époque de Heine" "Un survivant Auschwitz-Birkenau" "Seul à Berlin"
Cette tranquillité, cette solitude, me procurait un sentiment jouissif que les autres n’ont pas forcément la possibilité de savourer.
Avoir du temps rien que pour soi, c’est un luxe.
Mais ce luxe a son revers de la médaille: une souffrance doucereuse.
Il y a un an j’ai ressenti le besoin de modifier mon style de vie.
Alors au début du printemps, j’ai pris des photos ou la lumière du soleil apparaissait dans des sous bois. Je me suis dit que si j’avais la tentation de rester dans l’ombre je n’avais qu’à regarder ces photos. Elles m’aideraient peut-être à changer d’avis.
Et puis peu à peu lorsque j’avais un choix à faire, entre celui de rester tranquillement chez moi ou celui de sortir et de claquer la porte, j’hésitais de moins en moins.
Cet été j’ai renoué avec une passion: le golf. Lors d’une belle journée de juin j’ai joué 18 trous sous une pluie battante. Une pluie droite et continue. Sous mon parapluie j’adorais entendre le bruit des gouttes sur le polyamide. Ce jour là j’étais parfaitement connectée avec la nature.
Parfaitement heureuse.
VIVANTE!
J’ai rencontré sur le fairway beaucoup de gens que je ne connaissais pas et avec lesquels je me suis énormément amusée.
Sous la pluie ou pas.
Il y a quelques jours alors que j’arrivais sur le trou numéro 13 je suis tombée en amour pour un arbre aux feuilles jaunes. Feuilles jaunes qui s’éparpillaient à la moindre brise. J’ai dégainé mon téléphone pour prendre cette photo, juste avant que mon partenaire de match play termine son Suisse (gâteau à la crème) et frappe dans sa balle avec classe et dicernement.
En fin d’après midi sur la terrasse du club house, j’ai ressenti un immense bonheur devant mon Coca Zéro, en apercevant quelques silhouettes à contre jour, silhouettes qui se précipitaient sur le départ du trou numéro 1.
Le soir, lorsque j’ai regardé la photo de mon arbre jaune, je me suis dit que j’avais eu raison, il y a un an, de vouloir changer un aspect de ma vie.
Le lendemain la météo était tout aussi clémente, alors j’ai laissé tout en plan et je suis retournée jouer sur le golf baigné d’une lumière dorée. Sur le parcours j’ai rencontré deux débutantes qui avaient eu beaucoup de soucis ces derniers mois et qui avaient envie de changer, elles aussi, un aspect de leur vie.
Nous nous sommes amusées comme des enfants. C’était vraiment une très belle journée, pleine de rires et d’éclats de voix.
Une belle journée, dans la lumière, comme il y en a eu beaucoup cette année.
Il y a quelques jours j’ai reçu une nouvelle pas si sympatoche que cela. Après quelques heures de rumination je me suis dit que je pouvais faire un nouveau souhait le jour de mes un an de plus.
Je vous donne un indice ci-dessous et rendez-vous l’année prochaine pour savoir si j’ai réussi à ouvrir un nouveau champs des possibles.
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