Là ou vivait mon arbre.

Photo Lavieenrouge.

Souvenez-vous cet été j’ai vécu un deuil. On avait arraché mon arbre. Un bel érable qui flamboyait en automne au milieu d’une cour de récréation.

Dès la fin de l’été c’était un émerveillement.

Cet arbre était devenu mon ami.

Le matin, lorsque j’ouvrais les volets de ma chambre, j’étais sûre de contempler une belle chose.

Depuis six mois, des murs en béton se sont dressés très rapidement avec l’aide des ouvriers du bâtiment qui parlent une langue que je ne connais pas.

Cet été les quatre immeubles seront achevés.

Là ou s’épanouissait mon arbre, il y aura une famille qui vivra plus ou moins dans la pénombre. Surtout si celle-ci vit au rez-de-chaussée.

A quelques mètres seulement de la baie vitrée de leur salon se dresse un autre mur. Celui de l’immeuble d’en face.

Je prêtais à mon arbre, une belle âme, je me disais qu’il devait susciter à tous ceux qui le contemplait, quelque chose de positif.

Un avenir plein de promesses.

Dans ma ville à la con, on imagine le centre ville de demain. Un centre ville sans voitures.  Avec des murs de béton, parce qu’ils n’ont jamais été capable d’entretenir le moindre jardin.

Dans ma ville on nous invite à prendre les transports en commun.

Mais dans ” transports en commun” il y a le mot commun, et ce mot ne me plaît pas.

J’ai conservé une belle écorce de mon arbre. Pour le moment je n’ai pas encore eu une belle idée pour la mettre en valeur.

En fait, maintenant, mon arbre dors dans ma chambre.

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