L’intime conviction d’être passé à coté du bonheur.

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Photo via shoppstylevogue.

J’avais marché une dizaine de kilomètres dans le sable et d’un pas rapide. J’écoutais Frank Sinatra/ Count Basie.

Si vous aimez le jazz inutile de vous dire que ça pulse bien. Comme j’étais seule sur la plage, je chantais par dessus les paroles.

Sur le retour et devant “ma” maison rouge, je me suis assise sur un banc. Une multitude de surfeurs prenaient plus ou moins bien la vague et ce n’était plus Frank Sinatra/Count Basie qui pulsaient dans mes oreilles mais Fred Astaire.

Plus exactement “Isn’t a Lovely Day”

Ce moment c’était un petit bonheur mais ce n’était pas du toc.

C’était gratuit.

L’autre jour sur un parcours de golf je me suis demandée si l’homme qui jouait avec moi et qui râlait parce que celui qui était devant ne jouait pas assez vite, aurait un jour, l’intime conviction d’être passé à coté du bonheur. Surtout si un jour, il séjourne pour un aller simple dans une chambre d’hôpital clinique privée et que de sa fenêtre il pense à cet après midi de printemps ou il a bien cassé les couilles de ses partenaires.

Lorsque je suis rentrée chez moi j’ai poussé un soupir de soulagement.

Ceux qui dépensent au club house, chaque mois l’équivalent de la moitié du salaire d’un employé ou d’un ouvrier (sans compter l’abonnement annuel) ne se rendent pas toujours compte de la chance qu’ils ont.

Il y en a qui sont prêt à tricher pour gagner une bouteille de champagne.

Il y a ceux qui pensent qu’un putter de 300 euros ça va changer radicalement leur jeu et leur état d’esprit.

Il y a ceux qui pensent qu’un nouveau sac va leur procurer l’estime de leur partenaire.

Il y a ceux qui ne savent pas dire bonjour.

Il y a ceux qui se réjouissent d’une belle carte de score mais qui, grâce à la complicité de leur partenaire ont oublié de compter un air shot, ou le dernier putt.

Il y a ceux qui balancent leur club de rage parce que leur balle n’est pas partie comme et ou ils le voulaient.

Il y a celles qui d’un coup d’un seul ont des vapeurs sur le parcours parce qu’elles jouent mal.

Il y a ceux qui pestent sur les greens qui ne roulent pas, sur les horaires, sur les installations mais qui écrasent comme des gosses lorsqu’ils rencontrent le directeur.

Il y a ceux qui carburent sur le parcours à l’alcool et aux pétards.

Il y a les blaireaux qui ne peuvent même pas quitter le club house s’il y a un contrôle routier à quelques kilomètres. Ils râlent et il s’en foutent de foutre la vie en l’air d’un autre conducteur.

Il y a ceux qui savent tout sur le golf, mais alors tout! mais qui écrivent scramble comme ça: scrambol.

Il y a celle ou celui qui m’a volé le lot que j’avais gagné et que j’avais offert à quelqu’un. Il n’y a pas de petits profits

Si seulement ils arrêtaient de jouer pour qu’on ne les entendent plus râler et se plaindre. Ceux qui râlent sur le parcours ne savent même pas regarder une fleur, ni la particularité d’une branche, mais ils se réjouissent de tuer un canard lors d’un drive complètement raté.

Avec ce qu’ils dépensent en râlant, ils pourraient permettre à 5 enfants de partir enfin en vacances cet été.

4 thoughts on “L’intime conviction d’être passé à coté du bonheur.

  1. En guise de vacances, j’ai juste eu la joie de reprendre le boulot… Je dis bien la joie car j’ai enfin retrouvé l’usage de mon bras droit sans les séquelles promises :-))
    Et ça me met en mode ”Isnt it a lovely day” every day and all day long.
    J’adore autant Fred Astaire que Noureev, même si la Fée Rock’, roll s’est penchée sur mon couffin…
    Alors phoque les joueurs de golf pétés de tune et sans éducation… Et mets les minables avec ton swing qui envoie des cacahouètes.
    Enfin je te remercie d’avoir égayé mon hiver d’immobilisation: te lire est un vrai bonheur.

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    1. Ah chère amie comme cela me fait plaisir de t’avoir arraché un éclat de rire. Scrambol, trois hups, pôtting, et j’en passe et ça croit vous donner des leçons de golf :)))))

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