Lorsqu’un médicament se vit comme une drogue dure.

prescription_drugsVia.

Ce matin, j’ai entendu à la radio que, pour se sevrer d’un médicament, ça prenait un an minimum à quatre ans.

Si on y arrive.

Les labo ont de beaux jours devant eux.

C’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’écrire cet article pour relater mon expérience. Si elle est utile même à une seule personne, alors c’est positif.

Oui je faisais partie des 38% des gens qui prennent de 5 à 10 médicaments différents par jour. J’avais même un pilulier pour m’y retrouver.

25 ans de cortisone, quotidiennement et ça peut se payer cash.

D’une certaine façon, je suis tout aussi responsable que le médecin qui m’a prescrit ces médicaments. Je me voilais la face, j’avais trop de choses à gérer. Je disais que j’allais chez le dealer. Je savais au fond de moi que j’avais besoin d’un médecin possédant un peu plus d’empathie, mais à cette époque j’étais trop dure avec moi, comme on l’avait été avec moi durant l’enfance. J’allais trop facilement vers des bourreaux pour grappiller un peu d’affection.

Selon moi il y a deux sortes de médicaments:

Ceux qui soignent une pathologie dont on en entend plus parler.

Ceux qui soulagent mais qui ne soignent pas.

Mi décembre j’ai réussi mon objectif. Ne plus avaler un seul médicament allopathique.

Ils soulageaient mais ne soignaient pas.

Certes cela ne s’est pas fait facilement. J’ai dérouillé. J’ai dérouillé comme jamais. Mais j’ai tenu ma promesse.

J’avoue que, si on m’avait dressé le tableau de mes tourments à venir au début de ma décision, j’aurais renoncé. En même temps je ne me serais donnée AUCUNE chance de guérison ou d’aller mieux.

Je veux me donner cette chance.

Je fais le bilan : pour une simple allergie au départ ( aux chats parait-il mais je n’en vois jamais)  j’ai choppé pas moins de 12 effets secondaires grâce à mes 8 médicaments différents.

C’est un peu la mort sur ordonnance.

Les effets secondaires suscitent des radios, des séances de kiné, des analyses…
Ce qu’il faut savoir c’est que, lorsque l’on cesse de prendre un médicament on va souffrir à nouveau et même plus, puisqu’il faut compter sur l’effet rebond. Pour ma part la détox cortisone à été un effet rebond multiplié par 9, comme l’impossibilité de marcher comme les autres à mon réveil, de ne plus pouvoir respirer par le nez, de ne plus pouvoir rester assise tant la douleur respiratoire était devenue intenable. En même temps ceux qui se sèvrent de l’héroine doivent parfois se faire attacher dans leur lit tant leur corps est en manque.
Comment entamer une détox médoc?

Avec l’aide d’un médecin qui va vous soutenir;

Avec les autres vous allez certainement passer pour un hypocondriaque. L’hypocondrie n’existe pas, c’est comme l’accouchement sans douleur. Il n’existe que de la mauvaise médecine, de la souffrance, de la solitude.

C’est un article sur les effets secondaires qu’attrapent ceux qui arrêtent leur trithérapie qui m’a aidé à comprendre les affres de l’arrêt des médicaments de la catégorie des anti inflammatoires. Sans cet article j’aurais eu trop d’interrogations, trop de doutes.

J’aurais déclaré forfait.

Donc il faudra compter surtout sur vous, parce que le voyage risque d’être long, mais vous pourrez partager des émotions avec ceux qui ont un coeur grand comme ça, parce qu’eux aussi ont été, un jour dans l’épreuve.

Les autres ont plus à vous donner qu’à vous prendre.

drug-prices1Via.

En principe un médecin ordinaire ne vous encouragera pas parce qu’il est plus facile pour lui de vous écouter quelques minutes et de vous bâcler une ordonnance. 10 minutes c’est ce qu’il a à vous accorder. Pas plus. Lui, lorsqu’il démarre sa journée, ce qui compte c’est le nombre de patients qu’il va voir et qui vont assurer un salaire mensuel dans les 10000 euros. Si ça se trouve votre médecin ne se souvient même pas de votre nom, ni de votre pathologie.

Le pharmacien va vous délivrer un médicament générique et malheur si vous lui dites qu’un générique ce n’est pas la même chose qu’un princeps. Le pharmacien veut vous vendre de la daube made in China ou made in India. Il en a l’obligation. Après on se demande pourquoi la France ne créé pas d’emploi. Il se passe quoi, si un jour le pays n’est plus en mesure de nous faire parvenir les médicaments? Dans quelques années on révélera le scandale des médicaments génériques qui nous parviennent via des voies byzantines et puis voilà, on aura qu’à la boucler.

Comme toujours.

Un jour alors que je venais juste de bazarder le dernier médoc, je lis sur Facebook que 25 médicaments génériques ont été retirés du marché parce que pas conformes.

J’ai lu la liste et j’ai découvert que dans cette liste, il y avait le médicament que je venais de jeter et que je prenais depuis plus d’un an.

Il ne faut pas arrêter tous ses médicaments en même temps. Pour ma part j’ai préféré dégager le plus contraignant pour terminer par celui qui me semblait le plus anodin.

Bien que l’arrêt du plus anodin m’a bousillé mes nuits pendant trois semaines.

Ce qui m’a mis sur la voie de la détox médoc ?
Le retrait de mon médicament (un princeps) qui n’a plus été remboursé et Yvette.
Mon petit médoc à 2.50 euros plus remboursé mais désormais en vente libre soit à plus de 110% de son prix initial, m’a contraint à combiner deux médicaments, pour avoir plus ou moins le même résultat. Plutôt moins d’ailleurs. Bref ça devenait compliqué.

L’un coûte 33 euros (après il a été remplacé par le générique)  L’autre 8 euros. Mais eux sont remboursés.

YEP!
Cherchez l’erreur.

drug-companies-profitsVia.

Yvette c’est une dame que j’ai rencontré un jour par hasard sur la plage alors que je faisais mes étirements après le running. Elle m’a dit qu’elle aussi lorsqu’elle était jeune, aimait faire du sport. Elle m’a raconté qu’elle avait fait, il y a six mois une détox parce qu’elle ne voulait plus prendre d’anti inflammatoires. Je l’ai écouté et j’ai bien fait.

Je n’ai jamais revu Yvette sur la plage, ni ailleurs, mais son expérience m’a beaucoup apporté, surtout lorsque je restais toute la journée, seule en boule sur mon canapé à souffrir.
Au début de ma quatrième tentative de détox de cortisone j’ai décidé de changer de médecin. J’en voulais un qui ait à peine 40 ans. Je ne voulais plus d’un type qui ne pense qu’à négocier son divorce et qui envisage sa retraite dans cinq ans. J’ai cherché via les pages jaunes et je me suis fiée au prénom puisqu’il est impossible de connaître les dates de naissance. Je me suis plantée carrément. Charlotte n’était pas jeune et voulait absolument faire un bilan gynécologique la prochaine fois, alors que je la consultais pour soigner une allergie. Elle m’a dit au bout de 20 minutes ” Voilà, la consultation ne doit pas dépasser plus de 20 minutes et vous me devez 23 euros”

Damien c’était un type très calme de plus de 60 ans et qui m’a balancé un jour « je ne peux plus rien pour vous, ça dépasse mes compétences ” au passage il m’a prescrit des médicaments dont je suis sévèrement allergique.

C’est criminel!

Je lui ai dit les yeux dans les yeux qu’il faudrait peut-être lire les rapports d’analyses et que je le payais aussi pour ça.

C’est que je commençais à être à cran à force de souffrir et d’entendre des conneries.

J’ai rencontré un nouveau médecin avec un vieux prénom alors qu’elle n’a pas 40 ans. Un médecin pour qui la maladie n’existe pas.

Ah bon?

Selon elle, c’est notre façon de penser qui suscite nos maladies. J’ai décidé de lui donner une chance et je l’ai écouté. J’ai bien fait parce que j’étais vraiment limite quant à faire confiance à un médecin. Elle m’a dit d’accueillir l’enfant qui était en moi. De le protéger comme je ne l’avais jamais été. J’ai cherché à comprendre pas mal de choses du temps de mon enfance (maltraitée et désormais cette maltraitance je ne le cacherais plus) et à la mi août je pouvais enfin courir, respirer, vivre comme tout le monde.

A partir de ce moment là j’ai pensé que je pouvais continuer mon chemin en toute confiance.

Lorsque j’ai pu courir les bars en croix dans la nature, j’ai commencé à dérouiller des mains pendant 4 mois. Mais bon, j’ai pris ça comme une nouvelle épreuve. J’ai rédigé mes articles pendant pas mal de temps avec des gants afin de les protéger du contact du clavier:))) On ne pouvait plus me serrer la main et j’avais du mal à ouvrir certaines portes. Mais cette douleur m’a permis de supporter le non fonctionnement d’un sens, je veux parler de l’odorat. Et c’est ça le point de départ du problème. Pour tout vous dire j’aimerai sentir la vie, parce que là ça fait neuf mois que je ne sens rien.

Que je dois TOUT imaginer.

C’est long.

Chez mon médecin, la consultation dure une heure. Pas moins. Peu à peu j’arrive à tout raconter, à dire ce que j’ai entendu et vécu lorsque j’étais petite.
J’ai aussi beaucoup, beaucoup, beaucoup sur les allergies. Je sais maintenant comment parer face à une crise sans l’intervention d’un médicament. Je m’hydrate beaucoup pour tarir la hausse d’histamine. C’est simple et ça marche. J’ai aussi changé mon alimentation. En fin d’année j’ai fait des analyses et les résultats n’ont jamais été aussi bons.

Je ne suis pas totalement guérie. En ce moment j’ai des crises d’éternuement mais je suis VIVANTE.

Eternuer c’est vivre.

Mon corps doit juste renforcer ses défenses immunitaires et j’aime vivre cette expérience. J’ai aussi perdu tous mes effets secondaires depuis quelques mois. J’ai retrouvé ma fine silhouette, pourtant je mange davantage. Mes gencives ne saignent plus, mes cheveux poussent plus vite.Je n’ai plus de coup de pompe, ni d’idées noires (les statines favorisent la dépression).

J’ai surtout moins froid.

Je commence à retrouver depuis quelques jours, un peu mon odorat, grâce à une rééducation olfactive que j’ai mis en place toute seule. Une rééducation avec des huiles essentielles. C’est un GRAND pas en avant.

A Noël, je me suis offert une petite gamme d’HE et ma préférée c’est l’huile essentielle de Lavandin (j’aime à dire en ce moment que ça sent vachement fort)

J’ai de l’espoir.

De L’ESPOIR, un mot que certains médecins ne connaissent pas bien.

 

10 thoughts on “Lorsqu’un médicament se vit comme une drogue dure.

  1. Personnellement je rechigne à prendre des médicaments et je ne me porte pas plus mal.
    Une connaissance a du prendre des médicaments à haute dose pendant longtemps et elle a aussi fini par arrêter de se pourrir la santé par les effets secondaires. Elle a appris à faire avec la douleur, elle a appris à gérer autrement, et ma foi comme toi elle peut dire aujourd’hui qu’elle est vivante, et bien vivante.
    Et comme toi elle a vu de nombreux médecins avant d’arriver à cet équilibre qu’elle a aujourd’hui.
    Alors bon courage à toi!

    Like

    1. Merci! c’est clair que pour être soutenu par un médecin il faut frapper à la bonne porte. Heureusement qu’il y a des médecins dissidents qui écrivent sur le net. Les blogs ont été pour moi la principale source de connaissance. Il existe une chaine d’amitié virtuelle qui est indéniable. Il faut aussi tenter des expériences et comme tu dis gérer les crises et la douleur.

      Like

  2. Je me suis sevrée toute seule de mois et de mois où je prenais des anxiolytiques à haute dose couplés à des anti-dépresseurs (que tout médecin généraliste me prescrivait tout naturellement sans jamais me demander comment j’allais). Ma technique a été insensée, je suis partie au Népal sans médicaments, j’y suis restée un mois et je n’ai jamais autant souffert je crois : j’avais des sueurs froides, des rêves de persécution, je tremblais, je te passe les détails tellement c’est moche, au bout d’un mois ça allait mieux. Depuis je ne prends plus de médicaments, même de l’aspirine, non merci. Je ne sais pas si tu connais le blog de Martin Winckler que j’aime beaucoup : http://martinwinckler.com/spip.php?rubrique30

    Like

    1. Technique insensée tu dis? Ah oui c’est le grand saut. Même risqué mais en même temps tu t’es fait confiance. J’ai été sur le blog que tu mentionnes dans ton commentaire. C’est tellement ça!!! et là je viens de lire un article sur un autre site sur les maladies auto immunes que l’on soigne à coups d’anxiolitiques et de corticoides au lieu d’apprendre à vivre dans une sphère sociale accueillante.

      Like

    1. Ce n’était pas facile à envoyer cela dit et en même temps ça m’aide à tourner une page. Et puis ce que j’ai lu chez les autres m’a aidé, alors… Si ça peut aider ne serait-ce qu’une personne.

      Like

  3. Je me trimballe avec 5 maladies chroniques qui me laissent peu de répit depuis 10 ans: cet automne j’ai pris cher!
    Pour autant je ne me laisse pas abattre: l’ESPOIR est chevillé au corps, la blessure d’enfance est en voie de se refermer… Et je change enfin de vie.
    J’ai enfin compris que lorsque les crises surviennent, c’est pour que je change… Et c’est maintenant (hèm elle est facile, désolée) :)))
    L’espoir réside aussi dans le fait que patients et médecins ne sont plus dupes, que faire et prendre soin de soi autrement, ça marche.
    Chaque personne apprend et s’enrichit de l’autre, aussi merci de ce partage :)))
    On va y arriver.

    Like

    1. Justement je m’inquiétais à ton sujet parce que je te sentais moins présente ici. J’ai pensé qu’il y avait quelque chose et je n’ai pas osé t’envoyer un message en MP. J’espère que ça va mieux. Oui il y a des témoignages, des blogs que les médecins rédigent et sans ça je serais restée sur la mauvaise pente. Il y a aussi une belle chaine d’amitié sur Facebook.

      Like

  4. Je ne prends quasiment jamais de médicaments, mais je suis par contre en galère à cause du pollen, tu dis qu’en t’hydratant beaucoup tu taris la hausse d’histamine, je suppose que ça ne concerne qu’un problème de peau et que ta solution ne m’empêchera pas de frôler la sinusite chaque année?

    Like

Comments

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s