Dur comme du ciment.

Le jardin de ciment

Un jour ça commence par un contretemps.

Et puis je découvre le lendemain que j’ai fait une connerie quelques mois plus tôt.

Trois heures plus tard, je suis victime d’un petit accident parce qu’un type dans sa grosse Merco aux vitres teintées, un grand black, qui écoutait Sultan, a eu un moment d’inattention et BING dans ma Smart.

Il ne me fait pas d’embrouille.

Il est très gentleman.

Donc un autre contretemps survient et je me demande si Dieu tout puissant me met à l’épreuve OUI ou NON?

Dans le souci de bien faire les choses je commets une autre connerie et survient un autre contretemps.

Même si je rencontre des gens serviables, au bout de cinq jours, j’adopte la posture suivante: je me lève, je  prends une douche, je me parfume beaucoup, je prends mon petit déjeuner et je retourne me coucher en n’oubliant pas d’éteindre mon smartphone.

Dans mon lit, rideaux du baldaquin tirés, j’ai lu, d’une traite, Le jardin de Ciment de Ian Mc Ewan.

The cement garden c’est aussi un film d’Andrew Birkin, film dans lequel sa nièce Charlotte Gainsbourg tient le rôle de Julie.

Le jardin de ciment c’est tellement macabre, tellement malsain que si vous êtes trop fragile, il vaut mieux que vous alliez à la pêche à la crevette.

Qui est normal dans cette famille?

A priori personne.

Le père? Dans les premières pages on le devine pervers.

La mère? Je crois que c’est la seule personne plus ou moins normale. Mais ce sont les jours après sa mort qui le sont moins.

La soeur aînée? incestueuse et manipulatrice, elle est en plein déni après la mort de sa mère et tente de donner un semblant de vie familiale normale à ses frères et soeur.

Le frère? Il souffre de rivalité fraternelle envers sa soeur aînée, Julie, avec qui, il se livre à des jeux incestueux sur la plus jeune. Il pense que, d’une certaine façon c’est de sa faute si son père est mort parce que pendant qu’il agonisait il est allé se branler dans les toilettes. En fait il passe son temps à se branler et il ne se lave plus.

C’est lui le narrateur.

La petite soeur? Fine observatrice et un temps victime de sa soeur et de son frère, elle est le lien entre les deux aînés et le plus petit.

Le petit frère? présente un trouble de la personnalité sexuelle. Il est le jouet de ses deux soeurs, particulièrement celui de sa soeur Julie qui sait comment le manipuler pour avoir la paix. Il devient une petite fille grâce à une perruque blonde et les robes de ses soeurs.

C’est l’amour qui unit les quatre orphelins mais cet amour, cette peur de se perdre va les murer dans un terrible secret.

Tout pue dans cette maison qui est devenu une poubelle.

Le pire c’est ce qui se passe dans la cave.

Pourquoi lire Le jardin de ciment?

Parce que c’est bien écrit.

Parce que c’est dur, percutant.

Parce c’est émouvant.

Parce que ce n’est pas un conte de fée.

La vie des enfants livrés à eux-même n’en est jamais un.

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