Nous sommes pareils à ces crapauds qui…

La semaine dernière j’ai assisté à un ballet contemporain au Grand théâtre de Lorient.

Un ballet avec trois danseurs dont un unijambiste.

Je me suis dit que l’unijambiste ne serait qu’une anecdote dans le spectacle.

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Hedi thabet est un immense danseur. Atteint d’un cancer des os, il a vaincu la maladie et il est un bel exemple de résilience. Ses béquilles se métamorphosent en de formidables instruments. J’ai pensé a juste titre, je crois, que derrière cette prestation, il y a un travail énorme. J’ai imaginé l’entraînement d’Hedi au cheval d’arçon, aux anneaux et aux barres parallèles. Cela me semble évident pour construire une musculature capable d’assurer les nombreuses voltiges. J’ai parfois eu un peu peur pour Hedi parce qu’après une pirouette insensée il pouvait bousiller son seul appui et foutre en l’air la représentation du lendemain.

C’est beau de voir un handicap sublimé. Handicap que j’ai fini par oublier parce qu’à un moment donné j’étais vraiment entrée dans le spectacle.

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La première partie: Nous sommes pareils à ces crapauds qui dans l’austère nuit des marais s’appellent et ne se voient pas, ployant à leur cri d’amour toute la fatalité de l’univers a pour thème le mariage. Pas besoin de mots, les corps des trois danseurs ont un langage. C’est l’histoire d’une rivalité entre deux hommes pour la mariée. Mathurin Bolze, le marié et Hedi Thabet le rival se battent en portés, en voltiges, en figures acrobatiques. Entre les hommes et la mariée il y a des luttes, des esquives, des caresses, du sexe, du rejet, de la réconciliation, de l’amour, de la haine. La mariée ( Artemis Stavridi ) danse aussi avec ses cheveux magnifiques. J’en étais à me demander si mon après shampoing au beurre de karité. sans paraben et sans silicone, allait m’apporter une vrai réponse pour pouvoir, moi aussi, danser avec mes cheveux.

C’est que l’on ne fait pas toujours ce que l’on veut avec son corps et  avec ses cheveux.

ali hedi thabet

La seconde partie: Ali est une oeuvre à part. La prestation de  Mathurin Bolze et d’Hedi Thabet est plus émouvante encore. Il s’agit d’un corps à corps acrobatique et ludique. Les deux danseurs ont inventé des figures hors normes. Trois jambes pour deux hommes, trois jambes qui se séparent, qui s’imbriquent, qui se désolidarisent, qui se défient, qui se complètent.

On ne sait plus qui n’a qu’une jambe.

Et la musique? Sur scène il y a cinq musiciens pas tristes qui jouent du rebétiko. Le rébétiko c’est une mélopée d’exil des réfugiés grecs d’Asie Mineure. Comme j’aime la musique orientale, j’ai été transportée.

Cependant, y a un truc que je ne comprends pas bien. Idem lors des expositions temporaires dans les grands musées cela-dit. Pourquoi cette lumière parcimonieuse? J’avoue qu’à l’heure de la belle luminosité des écrans numériques, j’ai du mal avec cette lumière jaune à la limite de la pénombre. J’ai presque envie de crier” Lumière bordel!”

Mais comme je suis très bien élevée…

Il y a eu de nombreux bravos à la fin de la représentation. Normal et grandement mérité parce que ce spectacle c’est vraiment une belle création originale.

C’est même plus que ça.

Lire mon article sur mon éveil à la danse contemporaine.

Programmation Le Théâtre de Lorient.

Posted in Art

2 thoughts on “Nous sommes pareils à ces crapauds qui…

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