Impeccable.

vogue 1932

Au mois de mars, j’avais réussi à atteindre mon objectif : nager le crawl sur 500 mètres, mais très vite je me suis dit que je devais, un jour ou l’autre, arriver à faire les 1000 mètres.

J’ai dû revoir mon objectif à la baisse parce que je ne maîtrisais pas correctement le rythme de ma respiration. Nager le crawl est anxiogène si on ne sait comment respirer sous l’eau. Certains jours j’y arrivais bien et d’autres pas. Tout dépendait de la fréquentation dans le bassin ou de mes préoccupations. Parfois j’ai eu de grosses crises d’angoisse. Des crises d’angoisse comme je n’en ai rarement eu, mais j’ai poursuivi mes efforts en tenant compte du message de ces angoisses.

J’ai envisagé mes séances de crawl comme des séances de relaxation. Je sais, ça peut paraitre étrange, mais c’était payant et très souvent je ressortais du bassin, gonflée d’énergies positives et prête pour de nouveaux objectifs qui n’avaient rien à voir avec la natation.

Cette semaine, je me suis dit qu’il fallait que je tente les 1000 mètres. Je m’en sentais capable.

Jusqu’à présent j’avais pu nager 600 mètres. 600 mètres que je n’avais pas réalisé depuis plus de trois mois.

Dans le bassin, je ne sais jamais ce dont je vais être capable de faire. Si l’ennui surgit, je ne force jamais. Si la crampe pointe le bout de son nez, je sors du bassin. Mais il y a quelques jours toutes les bonnes conditions étaient réunies : la ligne d’eau pour moi toute seule, la sérénité, le bon placement de la respiration et une certaine motivation. Lorsque je suis arrivée à 900 mètres j’ai commencé à rire sous l’eau. Oui, on peut rire sous l’eau. D’ailleurs on doit respirer sous l’eau, sinon on s’épuise rapidement. Toute l’expiration ou presque doit être faite sous l’eau.

Les 1000 mètres ? j’y suis arrivée facilement.

Même pas essoufflée.

J’aurais pu continuer mais je ne suis dit que je n’étais pas à l’abri d’une tendinite.

Si on m’avait dit, il y a deux ans, que j’aurais pu nager le crawl sur 1000 mètres je n’aurais pas parié sur moi. Je ne pouvais même plus faire une brasse, ni un battement de pied et lorsque mes tendinites se sont apaisées, je ne pouvais pas nager le crawl que sur 12 mètres, tout simplement parce que je n’avais pas une capacité respiratoire normale.

Je vais vous dire un truc, j’ai une chance incroyable, celle d’avoir une pneumologue très compétente. C’est elle qui m’a guéri de mon asthme et qui a trouvé la cause de mes allergies. Quant à mon allergologue, j’ai appris en juin qu’il avait fait une erreur médicale mais je ne lui en veux pas, pourtant on a recommencé les tests trois fois !

Pourquoi je ne lui en veux pas ? parce que si je n’étais pas restée clouée au lit à cause de mes tendinites et de mes allergies, je ne serais probablement plus de ce monde. Le temps que je passais dans mon lit à souffrir et à lire des biographies, je ne le passais pas sur un terrain de golf. Donc, je ne conduisais pas.

Il y a deux années de cela,  ma voiture était très dangereuse et je l’ignorais. Lors de mon dernier contrôle technique le gars m’a dit qu’il se souvenait très bien de moi et de ma petite voiture dangereuse. Il m’a dit que j’avais eu beaucoup de chance.

Lorsqu’il a déposé les clés de la voiture dans la paume de ma main, il a ajouté “Mais cette fois-ci c’est impeccable”

Comme quoi, lorsque la vie vous donne du fil à retordre, il y a souvent une belle raison.

Si j’ai un nouvel objectif natation ?

Non.

Tout ce que je souhaite, c’est de pouvoir nager aussi souvent que j’en ai envie.

 

 

2 thoughts on “Impeccable.

  1. Ta volonté, ta ténacité, ton courage ont fait que tu as réussi ton objectif ! Bravo à toi… Tu as appris à connaître ton corps et faire fi des angoisses, c’est un joli chemin parcouru que de savoir en tirer des leçons.
    A une époque (un peu lointaine…) je nageais 600 mètres de brasse une ou deux fois par semaine, très motivée. Et puis, tout s’est arrêté, je n’y suis
    plus retournée après mes graves problèmes de dos. Maintenant, si j’écoute
    toubib ou kiné, je ne devrais nager que sur le dos (chose que je déteste le plus !). A la limite, je vais me tremper les pieds sur la plage où je ne vais guère souvent…

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    1. Merci ! si mon témoignage peut aider quelqu’un parce que j’aime aussi lire des choses positives lorsque je recherche des info en cas de soucis. Je ne connais pas ta pathologie du dos mais si on devait écouter tous les médecins… je ne sais pas si tu nages la brasse coulée ou pas parce que la brasse non coulée ce n’est pas la meilleure chose pour le dos. La cambrure est trop sollicitée et les cervicales aussi. La brasse coulée est bien plus reposante. Mais le crawl si on sait placer sa respiration est la nage la plus facile contrairement à ce que l’on pense et elle fait bien travailler les muscles du dos. Pour la nage sur le dos, il est vrai qu’il faut une bonne coordination. Les genoux ne doivent pas sortir de l’eau et les bras doivent faire le moulin pour ne pas perdre de la vitesse et la ligne d’eau doit être dégagée. C’est dommage que tu ne puisses plus nager mais moi je serais toi j’irais à la piscine, un jour, juste pour voir ;) Il y a autre chose, pendant plus d’un an j’avais supprimé les produits laitiers mais comme je suis cortoco dépendante ce n’est pas la meilleure chose à faire. Un médecin remplaçant m’a donné de la vitamine D et j’ai forcé sur les yaourts. Depuis je n’ai plus le petit pincement en bas du dos, je crois que je bouffais le calcium de mes os. Affaire à suivre.

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