Il y a autant de profils de golfeurs que d’actes manqués sur un parcours.

Kim Ha-Neul. Korean woman player.

Il est stupide de définir le golfeur, parce qu’il y a autant de profils de golfeurs qu’il y a d’actes manqués sur un parcours de golf. Il faut donc s’adapter à chaque fois même si on connaît bien ses partenaires. Souvent je me dis que c’est aussi ça l’intérêt de jouer au golf : savoir gérer le relationnel.

Mercredi après-midi, je devais jouer avec un monsieur que je ne connaissais pas et en m’approchant du trou numéro 1, un monsieur avec qui j’avais joué récemment me demanda s’il pouvait se joindre à nous. Il était accompagné d’un jeune homme qui venait tout juste de découvrir le golf. Sur le trou numéro un, le monsieur lui proposa de jouer un peu et lui prêta son driver. Après avoir tapé avec le driver, nous pensions tous, que le jeune homme avait un certain talent. Lorsque je lui demandai avec qui, il prenait des cours, le jeune homme me répondit qu’il n’en prenait pas. J’ai voulu savoir s’il regardait quelques tutos sur internet. Pas davantage. Je me suis demandé comme on pouvait apprendre à jouer au golf, sans prendre de cours, sans regarder un livre, ou une vidéo. Parce que le golf c’est une technique qui paraît simple mais qui ne l’est pas. C’est donc le sport idéal pour ceux qui aiment se compliquer la vie. J’aime le départ du trou numéro 2, parce qu’il surplombe le fairway et j’éprouve un sentiment de puissance lorsque j’exécute mon swing et que le bruit de la frappe de balle claque comme il faut. Après quelques mots d’encouragement à l’endroit du jeune homme, celui-ci frappa dans sa balle mais pendant son finish, le driver s’enroula autour de son cou. “Han !”de stupéfaction. Le jeune homme venait de bousiller le driver que le monsieur lui avait prêté. Il tenait à le remplacer sur le champ en achetant un tout neuf au pro-shop. Mon autre partenaire, un vieux monsieur qui ressemblait à Valéry Giscard-d’Estaing, me chuchota à l’oreille qu’il ne fallait jamais prêter son driver. Surtout à un débutant qui ne connaissait rien au golf. Il y a quelques mois, une amie qui venait d’acheter du matos tout neuf, le prêta quelques minutes plus tard à son fils qui ne savait pas jouer au golf. Ce jour-là, son fils décréta qu’il n’était plus forcément droitier. En tapant à l’envers, ne serait-ce qu’une seule fois, je ne vous fais pas un dessin sur l’état de la tête d’un driver. Mon amie a essayé d’obtenir un neuf en invoquant un défaut de fabrication. Comme je l’avais prévu, ça n’a pas marché. Je pense, j’en suis même certaine que le jeune homme pensait qu’un driver ce n’était qu’une boule au bout d’un manche et que sa valeur avoisinait, au bas mot, dans les 30 €. Au départ du numéro 3, Giscard-d’Estaing proposa au monsieur de lui vendre son driver. Un truc à la con à tête carrée et qui fait un bruit de casserole lorsque l’on frappe la balle. J’ai pensé qu’il était gonflé. Sur le trou numéro 4, plus personne ne parlait pourtant c’était une belle première journée de printemps. Le monsieur qui avait prêté son driver n’arrivait plus à se concentrer sur les putts. Aussi il décida de ne plus les jouer sous prétexte que les greens étaient pourris et de nous apprendre au début du trou numéro 5, que son driver c’était un driver de pro. Les mêmes que les pro utilisent sur le circuit PGA. C’est à ce point du vécu, que je décidai de m’entretenir avec le jeune homme sur le prix d’un driver. Je lui appris qu’il fallait compter entre 400 à 800 €. Tout dépendait de la marque. Le jeune homme devint blême. Lorsque Giscard-d’Estaing comprit qu’il n’arriverait pas à fourguer son driver à tête carrée, je suis partie dans une franche hilarité, ce qui m’arrive assez souvent sur un parcours de golf lorsque les choses partent en cacahuète. Avant de taper dans ma balle au départ du trou numéro 7, j’en étais à me demander quel était l’intérêt de jouer avec du matos de pro, si on avait un swing étriqué et de dire au monsieur que ce qui venait de se passer, c’était peut-être la chance de sa vie parce qu’il pourrait enfin jouer avec un club dont le shaft serait plus flexible, donc plus agréable. Plus adapté à son niveau, aussi. Je crois que le jeune homme m’en sera éternellement reconnaissant. Sur le trou numéro 8, nous fûmes surpris par des trombes d’eau et stoïques sous nos parapluies nous nous demandions pourquoi le monsieur avait soudainement reprit goût au putting. Lorsque celui-ci nous demanda pourquoi nous avions cessé de jouer, nous mîmes l’accent sur le fait que nous n’avions pas, forcément, l’intention d’être foudroyés par l’orage. Il ne se rendait plus compte de rien, le pauvre homme.

En quittant le green du trou numéro 9, le monsieur, au demeurant fort sympathique se dirigea brides abattues vers l’accueil, là où on lui fit une proposition commerciale.

Advertisements

9 thoughts on “Il y a autant de profils de golfeurs que d’actes manqués sur un parcours.

  1. Tu ne sembles pas t’ennuyer sur tes parcours de golf… très amusant ton article !
    Je me rappelle avoir croisé, en fin de randonnée dans les Pyrénées, un groupe de touristes qui eux, montaient, avec des tongs… même les enfants… (et que le chemin n’était pas si facile, très étroit parfois, échelle de fer, et ravin bien sûr…) J’y repense régulièrement et suis toujours perplexe face à ces personnes… peut-être appartiennent-ils au “même groupe”…??? :)

    Like

    • Ah on ne s’ennuie pas :) c’est le paradis souvent du moins ce que j’imagine du paradis. C’est vrai que les gens ont parfois des pratiques sportives ou de loisir pas très orthodoxes :)))

      Like

    • Je crois que je vais écrire sur mes parcours parce que bien souvent je vis des situations particulières :) tant mieux si ça vous fait rire. Le monsieur s’en est tiré pour sa réparation à 150 €, une chance.

      Like

    • Le monsieur a changé le shaft( le manche du club) il en a eu pour 150 €, un truc d’occasion et il n’aime pas jouer avec ce club parce qu’il n’est pas habitué.

      Like

    • Alors un driver c’est le club avec lequel on va le plus loin. C’est aussi le plus cher. Le shaft c’est le manche du club. Les canadiens disent pour le mot club, un bâton, et pour le green, ils disent le vert. Le green c’est là ou l’on putt. Putter c’est jouer avec un putter, sur le green. Oh là là je ne m’en sors pas :))))

      Like

Comments

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.