Believe in a love.

Rainer Maria Rilke. Lettres à un poète.

Dans mon précédent article, un fidèle commentateur mettait l’accent sur le fait qu’il ne faut pas être nécessairement publié pour se prétendre écrivain. Il n’a pas tort. On peut écrire toute sa vie sans être publié ou sans avoir le désir d’être publié. Je déteste ceux qui me demandent si on peut vivre de l’écriture. Comme si on entrait en écriture pour gagner de l’argent. Si on veut gagner de l’argent mieux vaut se consumer en faisant autre chose. Ce qu’il faut savoir, c’est que seulement 5% de ceux qui proposent leur manuscrit se verront un jour édités et que sur les 100% qui seront édités, seulement entre 2 et 5% auront la chance (ou la malchance) d’avoir écrit un best-seller. Autant vous dire que, si un jour vous êtes publiés, cela ne sera pas forcément suffisant pour payer le loyer. Je ne prends jamais au sérieux ceux qui disent qu’un jour ou l’autre, ils vont écrire un bouquin. On n’écrit pas un bouquin. On écrit quelque chose qui devient un roman, une nouvelle, un essai, un scénario… Je m’amuse de ceux qui pensent qu’en aménageant un coin bureau, un bureau dans la tendance scandinave, le plus gros du travail est à moitié accompli. Écrire, c’est un marathon et si on n’envisage pas de produire un effort à long terme, alors il est préférable de ne rien commencer. La rédaction d’un journal, n’a rien avoir avec l’écriture d’un roman. Lorsque l’on écrit un journal, on écrit pour soi. Lorsque l’on écrit un roman, on écrit pour l’autre. Cet autre que l’on connaît bien ou pas. Je préfère écrire pour l’autre avec qui je vais établir une connivence, que je vais tenir en haleine et à qui je vais foutre un bon coup de latte au moment où il ne s’y attend pas. L’écrivain est-il un pervers ? Peut-être. Qui a dit, déjà, que l’on ne peut pas écrire avec de bons sentiments ? Je me surprends d’en vouloir à ceux qui m’entourent, surtout ceux qui m’inspirent. Je souffre de leurs failles. Leurs failles qui me confrontent invariablement à celles que je possède et que je censure. Pourtant elles n’attendent qu’une seule chose, celle de me révéler. J’aime aussi ceux qui m’entourent, d’un amour inconditionnel, parce que, comme moi, ils ne sont que solitude et ils portent en eux, une date limite de péremption. Ce que je trouve plutôt terrifiant. Si vous doutez sur votre capacité à écrire votre premier roman, je vous conseille de lire “Lettres à un poète” de Rainer Maria Rilke.

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6 thoughts on “Believe in a love.

  1. Tout à fait d’accord avec toi. Un écrivain (ou apprenti écrivain) écrit tout d’abord pour partager une histoire, des idées, avec les autres (connus ou inconnus). S’il obtient de se faire éditer, alors, cela devient une belle récompense, un encouragement à continuer à triturer les mots, la grammaire, la conjugaison… Et Dieu sait combien on y passe de temps, à faire, défaire, refaire des phrases, jusqu’à ce que le résultat nous convienne enfin ! Sans oublier la construction de l’histoire, le plan, les personnages, les rebondissements, la chute, etc… les profanes ne peuvent imaginer tout ce temps passé ! :)

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    • C’est tout à fait ça ! Écrire ce n’est pas un passe temps, c’est un vrai métier. Un métier dont la formation est permanente. Je ne sais pas comment te viennent tes idées, mais pour moi c’est lorsque je conduis ou lorsque je nage :))))

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    • Non, c’est André Gide. J’ai lu l’été dernier “La porte étroite” et ce roman m’a donné un coup de latte. Tant mieux. Dans mon article je fais un clin d’oeil à la perversité parce qu’elle n’est jamais censurée ni montrée du doigt quand il s’agit d’un écrivain alors que pour une femme c’est jugé bien plus sévèrement.

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  2. Heureusement Internet a permis à des auteurs inconnus de se faire connaitre sans passer par les maisons d’éditions, il y a aussi les blogueurs qui sont pour moi des écrivains d’un nouveau genre et qui n’ont pas moins de mérite que les autres.

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    • Les blogueurs sont parfois contactés par des maisons d’édition parce qu’elle savent qu’elles peuvent commander un thème, comme Mission Hygge. Le blogueur ne sera pas choqué, puisqu’il écrit souvent pour des marques. J’aime lire, même si c’est truffé de fautes, le blog d’une fille qui raconte toutes ses aventures amoureuse par internet. Le contenu est intéressant et en plus son itinéraire a du sens.

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