J’ai les capillaires fragiles.

La mauvaise nouvelle c’est que j’ai les capillaires fragiles.

La bonne c’est qu’en avril j’ai pris un rendez-vous chez un angiologue pour effectuer un soin esthétique (même si ça fait mal.)

Nous étions au mois d’avril lorsque j’ai fait la connaissance de mon angéologue, soit quelques jours après les fortes chaleurs, fortes chaleurs qui furent précédées d’un temps frais et maussade et suivies d’une semaine de pluies diluviennes. Mes plafonds s’en souviennent. Maintenant, les saisons c’est du n’importe quoi. Lors de mon premier rendez-vous, j’ai expliqué ce que je voulais exactement comme n’importe quelle hypocondriaque qui se respecte. Ce jour là, j’ai appris que mon système veineux était sain. C’est ça, la seconde bonne nouvelle. En confiant mes deux guiboles à ce type, plutôt pas mal (très grand et pas arrogant) je n’ai pas pipé mot pour qu’il reste bien concentré sur son ouvrage. Le doppler c’est un acte remboursé par l’Assurance Maladie mais pas la prestation esthétique. Je suis revenue deux mois plus tard, après avoir annulé deux rendez-vous, mais curieusement c’est le type plutôt pas mal qui m’a présenté ses excuses. Tout ça pour une demi-heure de retard (mais ce n’est rien une demi-heure de retard chez un médecin pluôt pas mal !) D’emblée, je lui ai fait remarquer que je n’avais constaté aucune amélioration et je lui ai proposé d’augmenter l’intensité des doses du sérum. Entre parenthèses, malgré quelques belles journées ensoleillées, je n’avais jamais cédé à la tentation de me mettre en short, en bermuda et encore moins en maillot de bain pour ne pas fausser la lisibilité de mon système veineux. Pendant l’acte, à mon avis aussi douloureux qu’une séance chez le tatoueur, nous avons parlé de régates, d’accastillage et de voilure. J’ai dérouillé, je le confesse, mais je n’ai rien laissé paraître pour qu’il bosse au maximum. Le type plutôt pas mal s’est empressé de me donner un autre rendez-vous mais je lui ai dit que je n’y tenais pas. Pas avant le mois de novembre en tous les cas. C’est contraignant de devoir cacher ses ecchymoses pendant une dizaine de jours et ce n’est pas conseillé de faire ce genre d’acte médical en plein été. Je le sais parce que je l’ai lu dans des articles spécialisés. Quinze jours plus tard, plus exactement pendant le début des grosses chaleurs, j’ai examiné mes jambes et objectivement ce n’était pas mieux qu’avant. Ça n’a pas fait un pli, j’ai demandé un autre rendez-vous (en urgence) en annonçant cordialement la couleur “Tout est à refaire !” Je vous signale qu’entre les deux rendez-vous, j’ai toujours porté un pantalon alors qu’il faisait trente degrés. Un comportement héroïque surtout lorsque l’on fait du sport à l’heure de midi. J’ai débarqué dans le cabinet du type plutôt moyen et j’ai lancé le débat en lui disant “Sans vous offenser, je ne constate aucun résultat” ce qui veut dire “le prix de la séance, c’est pour vous, pas pour moi”. Avec mon index, je lui ai montré, que là et là, ici, et là encore, et là, là, ici aussi, là et là ça n’allait pas. Il a mis sa main devant la bouche et dans un soupir, le type plutôt moyen m’a dit qu’en effet, le résultat était nul, vraiment nul. Qu’il était désolé et d’ajouter qu’en plein mois de juillet, une nouvelle prestation m’exposait au risque de saboter mon système veineux et de devoir revenir plusieurs fois pour tout réparer. J’ai regardé mes pauvres jambes, toutes blanches et pas si belles que ça, peut-être même plus moches qu’avant, si je réfléchis bien, et je lui ai demandé “Alors tout ça pour en arriver là ?” Il a ajouté que sur une échelle de dix, mes jambes valaient au moins un huit (ça c’est la troisième bonne nouvelle) et que pour le moment la meilleure des choses à faire, c’était de bronzer. Sachant que quelques minutes au bord de la mer suffisent à me plonger dans une profonde mélancolie sauf si je tourne le dos à la mer, je me suis demandé s’il ne valait pas mieux ranger tout de suite les maillots et de ne porter que des pantalons pendant tout l’été d’autant que l’invasion des tiques était à la hausse et que la précaution indispensable c’était de porter des pantalons. Surtout aux abords des zones d’herbes hautes d’au moins un mètre.Je ne vous fais pas un dessin, mais les tiques sont devenus un fléau national à cause du risque de plus en plus élevé d’attraper la maladie de lyme.Je suis assez calée sur le sujet. Dans mon club de golf on me surnomme l’Encyclopédie. En enfilant mes chaussettes, j’ai demandé un autre rendez-vous de rattrapage, un rendez-vous pendant la belle saison de la châtaigne et je me suis entendu dire par le type vraiment très moyen qu’il y avait peu de chance pour que l’on se revoit un jour puisqu’il quittait définitivement la région.

Finalement, je crois que c’est ça la quatrième bonne nouvelle.

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5 thoughts on “J’ai les capillaires fragiles.

  1. Oups ! Je connais cette spécialité sous le nom de “angiologie” et je ne savais pas qu’il y avait une autre orthographe… Heureusement que l’humour nous sauve de certaines situations !
    Bon, je crois que malheureusement l’été n’est pas la bonne saison pour ce genre de traitement, et comme les températures sont devenues plutôt folles dingues même au printemps… J’espère que tu pourras trouver un très bon spécialiste à l’automne, peut-être “le type plutôt pas mal” ferait l’affaire…? :)

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  2. J’ai cru que tu allais nous parler de tes cheveux.
    Mais tu as écrit ça comme un polar, j’ai suivi tes aventures chez le plutôt pas mal avec délices

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