Le tatouage, ce fléau.

 

Oui, ça m’est arrivé de changer de place sur la plage parce que devant moi, un clan de tatoués, le père, la mère, le fils et la petite amie du fils venaient tout juste de s’installer. D’ailleurs cette année, je n’ai passé qu’une petite heure sur la plage et même pas sur l’une des plages de mon département. Oui, ça m’est arrivé de faire des kilomètres pour me rendre dans une station balnéaire beaucoup moins populaire que celles de ma région parce que pour moi, le tatouage, c’est comme le graffiti. C’est trop beau ! Mais j’ai aussi envie de dire “sur le mur des autres et surtout pas sur les murs de mon quartier.” On ne voit jamais de graffitis dans les beaux quartiers, seulement dans les quartiers pourris. Je me demande aussi pourquoi les gens ont besoin de se faire tatouer le prénom de leurs enfants. Ont-ils peur de les oublier ? Faut-il tout justifier sur sa peau ? Ses actes, ses liaisons, ses peines, ses dates et tout un tas de symboles ? Il paraît qu’aux US le tatouage c’est un fléau, enfin pour ceux qui n’aiment pas ce mode d’expression sur la peau. Je trouve dommage qu’une fille d’une vingtaine d’années se fasse gribouiller les jambes comme un élève gribouille sur les marges de son cahier. Je trouve dommage que des filles et des gars, se fassent tatouer pour récolter le max de like sur Instagram, alors qu’Instagram, comme tous les réseaux sociaux, n’est pas un mode de communication fiable. Pourtant, un jour j’ai été émue en regardant un reportage sur la question. Une jeune femme qui avait subi une grave opération chirurgicale, avait du mal à passer à autre chose à cause de la grande cicatrice qui lui barrait le dos. Elle voulait se faire tatouer pour cacher cette cicatrice et prendre  un nouveau départ. Enfin c’était le but, parce qu’on ne saura jamais si, oui ou non, il y a eu résilience rien qu’en se faisant tatouer un animal fantastique dans le dos. Un jour, j’ai vu un type qui s’était fait tatouer des ailes dans le dos, mais les ailes étaient bien trop petites par rapport à la largeur de ses épaules. Ridicule. Et puis à la piscine, ce gars qui avait deux ailes tatouées qui lui sortaient du maillot de bain. Il aurait dû revoir ses ambitions à la baisse, jamais son pénis en érection ne pourra rivaliser avec la Victoire de Samothrace. Je ne peux pas m’empêcher de penser que les tatouages ont dû être un peu pour quelque chose le jour où Zombie Boy a décidé de se foutre en l’air. Peut-être qu’un matin, il a été pris d’une terrible angoisse rien qu’en se regardant dans la glace et en se rendant compte que plus jamais, il ne pourrait faire peau neuve. Pourtant, certains tatouages sont vraiment mignons, je devrais dire tattoo, comme disent les suiveuses d’Insta “Oh trop cute ton nouveau tattoo !” Et en quelques mois nombre d’influenceuses finissent par ressembler à un gros dur d’Alcatras. Le jour où une marque à fort potentiel mettra l’accent sur la peau muette, nombreux seront ceux qui regretteront de s’être fait injecter de l’encre. Vous peut-être ?

Zombie Boy.

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6 thoughts on “Le tatouage, ce fléau.

  1. J’avoue que je ne comprends pas non plus ce comportement humain ! Je ne vois pas en quoi le fait de se faire tatouer, tout ou partie du corps, peut représenter comme valeurs…ou différences avec les autres (nous, par exemple !).
    Je peux comprendre aussi la réaction de cette patiente, suite à son opération, de dissimuler sa cicatrice, enfin juste un peu… Mais, perso, je ne serais pas allée jusque-là…
    Et quand on lit certains articles, qui précisent que les pigments et autres substances contenus dans les tatouages, sont nocifs, voire dangereux pour la santé, on peut s’inquiéter de cette “mode” que, personnellement, je trouve très laide :)
    Je crois que nous sommes entièrement d’accord sur ce sujet :)

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  2. J’avais envie d’écrire cet article depuis quelques mois mais je n’osais pas parce que je ne voulais pas offenser celles et ceux qui se sont déjà fait tatouer. Ce n’est pas le but de cet article. Mais en ce moment on ne peut plus dire ce que l’on pense au risque de piétiner ses valeurs. Oui, comme tu le fais remarquer, les encres justement. Le truc vraiment toxique alors que peut-être des gens qui se sont faits tatouer ne jurent que pas le bio. 16 % des français sont tatoués et ce sont les femmes qui se font tatouer plus que les hommes en ce moment. À la piscine, j’ai repéré une fille qui a un guirlande de fleurs tatouée et celle-ci apparaît par les ouverturees de son maillot de bain. Ce n’est pas moche loin de là, mais depuis quelques mois, elle s’est fait tatouer un gros placard de mandala, bref un truc comme ça sur la cuisse. :(

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  3. Merci pour ton article. Le tatouage, c’était (quand j’étais petit) quelque chose qu’avaient seulement les plus de 40 ans. Démodé. Il y a eu plus de fioritures avec l’élévation au rang d’art sur tissu vivant, avec l’usage de couleurs (avant c’était uniquement bleu-noir)
    J’aimais les décalcomanis. Ephémères. L’idée de pouvoir en changer régulièrement. Il faut être à l’aise avec la permanence du tatouage, et ne plus vouloir se voir sans, pour se décider à en faire. Ou être un suiveur. Nouvelle cigarette, le tatouage?

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  4. Parler de “gribouillis sur les jambes”… comparer le talent de 95% des tatoueurs avec un dessin d’enfant, c’est quand même un peu insultant.
    Est-ce que certains se contentent de suivre la mode ? Bien sûr, des suiveurs il y en a toujours eu et il y en aura toujours et ceux-là regretteront leur Carpe Diem dans 15 ans comme leurs prédécesseurs ont regretté de s’être mis à fumer parce que Coralie, la star de terminale le faisait.
    Mais penser que tous les tatoués correspondent à ce cliché, c’est extrêmement réducteur.

    Personnellement, j’ai trois tatouages, tous mûrement réfléchis et tous symboliques.

    J’ai vécu des moments extrêmement difficiles et les encrer sur ma peau, symboliquement, à été important pour moi. Je regarde mes tatouages et ça m’aide à me rappeler que si j’ai survécu une fois, je peux le refaire. Et je ne suis pas la seule, de nombreuses personnes sautent le pas après des évènements aussi traumatiques que des viols, des violences ou des deuils. Qui peut les blâmer ou les juger ? Vous ne feriez pas la même chose soit, ça ne fait pas de ces gens des débiles ou de simples suiveurs.

    Si je ne vois pas non plus l’intérêt de faire tatouer les noms de ses enfants je comprends la démarche derrière, rendre hommage aux gens qu’on aime le plus, et je ne peux pas juger des personnes qui le font. J’ai moi-même plusieurs dates de naissance sur mon corps et je les vois comme une preuve d’amour. Encore une fois, qui peut blâmer ou juger la manière dont une personne choisit d’exprimer ses sentiments ?

    Et bien sûr l’esthétique rentre en compte également. Je me trouve plus belle avec mes tatouages que sans (tout le monde sait à quoi ressemble de la peau alors que chaque tatouage est unique) mais je ne vous juge pas pour vous préférer sans. Car, les goûts et les dégoûts…

    Enfin, pour quelqu’un qui ne veut pas être offensant, vous faîtes une blague sur un défunt… un homme dont on sait qu’il souffrait de gros problèmes psychologiques que vous réduisez à “Normal qu’il se suicide après s’être vu dans la glace”. Heureusement que sa famille ne lit pas ce blog, ça leur évitera une douleur inutile qu’ils n’ont pas mérité.

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