Mademoiselle Capacités différentes.

Zola disait à propos de L’ Assommoir « J’ai voulu peindre la déchéance fatale d’une famille ouvrière, dans le milieu empesté de nos faubourgs. Au bout de l’ivrognerie et de la fainéantise, il y a le relâchement des liens de la famille, les ordures de la promiscuité, l’oubli progressif des sentiments honnêtes, puis comme dénouement, la honte et la mort. C’est de la morale en action, simplement. »

Je ne dénigre pas le travail de Zola, c’est un grand écrivain, mais ce n’est pas forcément ce que l’on veut lire au début du XXI ème siècle. En tous les cas, ce n’est pas ce que j’ai envie de lire. J’ai besoin de lire des romans avec des messages positifs.

“Moi” c’est encore un roman que j’ai choisi pour sa couverture. C’est ma troisième bonne pioche de l’année.

Mademoiselle Capacités différentes à un quotient intellectuel très bas, un quotient intellectuel calculé à partir des compétences basées sur la rationalité. Mais Karen possède des compétences inaccessibles pour les humains dressés pour vivre dans le monde des humains. Mademoiselle Capacités différentes (Karen) est autiste et s’insurge souvent contre Descartes “Descartes a écrit que le bonheur est une question de sens. Voir, entendre, toucher, sentir, goûter : voilà le bonheur. Ensuite Descartes a écrit beaucoup d’autres feuillets, pleins de mots ce qui est bien dommage, car il avait atteint la vérité à la page 25″

‘”Le bonheur le plus simple et le plus heureux est de laisser agir les sens.”

Grâce à ses capacités différentes, et à la bienveillance de sa tante, Karen va se retrouver à la tête d’une conserverie de thons, conserverie située au Mexique. Après un passage à l’université, elle va réfléchir pendant des années pour mettre en place un nouveau système économique afin de cesser de s’enrichir par le biais de la souffrance animale générée par son activité.

Le roman de Sabina Berman est une vision positive sur la différence. La narratrice est terriblement attachante. Tout lui réussi finalement parce qu’elle agit à SA façon. Pour s’extraire momentanément du monde, il ne lui vient pas à l’idée de faire quelques postures de yoga, comme nous, les neuro typiques. Elle sort sa perceuse, ses vis, elle installe un dispositif sur le plafond afin d’y suspendre son harnais. Accrochée au plafond elle peut se reposer quelques heures, absente à tout ce qui l’entoure.

J’ai lu ce roman MAGNIFIQUE, d’une traite en écoutant Trent Reznor & Atticus Ross “Before The Flood.”

Mes lectures en 2017 et mes articles :

Richard Yates, décidément.

Richard Yates Menteurs amoureux.
Si vous me mettez un roman de Richard Yates entre les mains, c’est foutu, je ne sors plus de chez moi.

J’ai découvert cet écrivain, il y a un peu plus de deux ans. Depuis ce temps-là, que d’interrogations, de troubles et de succès !

J’ai lu tout Richard Yates.

D’un coup.

Je ne vais pas pouvoir vous en parler mieux que dans l’article que j’ai déjà publié. Ce que j’ai envie d’écrire aujourd’hui, c’est que j’ai pris autant de plaisir à le relire “Menteurs amoureux”  qu’à le découvrir.
Richard Yates aime les détails et tous les détails comptent, un peu comme dans les romans d’Elena Ferrante. Pareil, lorsque je vais lire la suite de L’amie prodigieuse et de L’autre nom, je ne sortirai pas de chez moi.

Je vais lire “Celle qui fuit et celle qui reste” dans quelques jours.

Je ne sais plus comment j’en suis arrivée à lire Richard Yates. Je ne connaissais pas cet écrivain et personne ne me l’avait recommandé. Non, je n’avais pas choisi de lire “Un destin d’exception” parce que j’avais trouvé la couverture du roman, jolie.

En relisant “Menteurs amoureux” j’ai lu la réponse à l’une des questions que je me posais, il y a un peu plus de deux ans mais, à cette époque, je n’étais pas capable d’accepter la réponse. Décidément, la vie est un ensemble de codes que nous pouvons déchiffrer. Si nous en avons le temps, le courage et la curiosité.

 

Rosa candida ou le monde rêvé d’Auður Ava Ólafsdóttir.

Rosa Candida

Rosa Candida est un roman très différent de celui que j’ai lu au début du mois : “Une famille ancienne“. Le narrateur islandais de Rosa Candida, est un jeune homme qui quitte son père et son jumeau Josef, autiste, pour aller soigner des roses Candida dans le monastère d’un pays que l’on ne connaît pas. Arnjoltur est déjà père d’une petite fille conçue par accident 9 mois plus tôt. Ce n’est pas un naïf mais un Candide des temps modernes. Il va voyager avec trois boutures de rosiers, des rosiers rares, dont les fleurs ont huit pétales et son amour des fleurs le fait passer auprès de ses interlocuteurs pour un homosexuel. Malgré toutes les péripéties qu’il va vivre durant ce voyage initiatique, Arnjoltur va s’en sortir parce qu’il sait faire confiance aux autres ; notamment au frère Thomas, un moine cinéphile un peu porté sur la liqueur et avec qui, il va essayer de dissiper sa crainte des corps et sa crainte de la mort.

Comme pour “Une famille ancienne” j’ai choisi de lire “Rosa Candida” parce que j’aimais bien le graphisme de sa prem’s de couverture. Un graphisme signé David Pearson. Entre la lecture de “Une famille ancienne” et “Rosa Candida”  il y a eu quelques livres que j’avais sélectionné aussi pour leur couverture mais ils me sont tombés des mains.

David Pearson

David Pearson pour les éditions Zulma.

David Pearson est un designer Londonien reconnu pour son travail sur les couvertures de livres, notamment pour l’éditeur britannique Penguin Books et les éditions Zulma.

Auður Ava Ólafsdóttir ne s’attache pas autant que moi sur le design des couvertures. Elle prend soin de lire les premières et les dernières lignes d’un roman afin de se rendre compte si le style de l’écrivain lui convient ou pas et elle ne lit jamais de romans policiers parce qu’elle ne supporte pas la violence.

Rosa Candida c’est un très beau roman, un roman rare, un roman qui rend heureux. Il a été couronné par de nombreux prix littéraires ; le climat est assez proche de l’un de mes romans préférés de 2016 : Moi et mister Mac d’Esther Freud. J’ai commencé Rosa Candida mercredi après-midi, après avoir cuisiné un gâteau de riz à l’orange et d’ailleurs dans ce roman s’il est question de jardinage, il est aussi question de recettes de cuisine. J’ai terminé le roman dans la nuit de jeudi, je n’arrivais pas à le lâcher. Avant d’aller me coucher j’ai mangé une part de mon gâteau tout en regardant par la fenêtre. Dehors il ne se passait rien.
image

Auður Ava Ólafsdóttir.