Coup double.

 

Ch'ôn Myônggwan

La semaine dernière, j’ai fait coup double en découvrant un écrivain coréen Ch’ôn Myônggwan et un artiste chinois Liu Ye. Si j’ai lu “Une famille ancienne” c’est parce que j’ai été séduite par l’illustration de la première de couv’ du roman, roman publié il y a quelques mois chez Actes Sud. Peu de lecteurs connaissent cet écrivain et c’est bien dommage parce que son dernier roman est très amusant, mais pas seulement ; c’est aussi très bien écrit. Dans cette famille tout dysfonctionne : les enfants ont entamé la cinquantaine mais contraints par les aléas de la vie, ils retournent vivre chez leur mère âgée de soixante-dix ans après avoir expérimenté l’escroquerie, l’alcoolisme, l’obésité, le viol sur mineure et la prostitution.

Oui, ça m’arrive souvent de choisir un roman pour sa première de couv’. Je ne lis jamais une critique littéraire, et si tous les mois j’ai un oeil sur edistat.com ça ne m’influence pas.

Ch'ôn Myônggwan

Au fait quel est mon top trois littéraire (quatre en fait) de 2016 ?

Ch'ôn Myônggwan

Liu Ye et Ch’ôn Myônggwan sont nés la même année. Li Ye est un artiste chinois mais à la différence de beaucoup de ses contemporains son travail n’a jamais eu d’implication politique. Sans doute parce qu’il a fait ses études en Europe. J’aurais juré que Li Ye était une femme parce que son univers est inspiré des contes de fées et de Miffy le lapin. Mondrian fait aussi une apparition récurrente dans ses compositions.

Est-ce qu’en ce moment je lis quelque chose parce que j’ai été séduite par la première de couv’ ? Oui.

Ch'ôn Myônggwan

Romans addictifs.

Elena Ferrante

Cet été j’ai un point commun avec Alain Juppé, celui d’avoir mis dans ma liste des lectures de l’été : L’amie prodigieuse et la suite de ce roman L’autre nom d’Elena Ferrante. Lectures conseillées par une lectrice assidue de Lavieenrouge.

Au début, tous ces prénoms italiens c’était un peu l’embrouille : Antonio, Stéphano, Lila, Lina, Lénù, Fernando, Marcello, Donato, Nino, Alfonso, Enzo, Rino, Nella, Carmen, Ada, Marisa, Michele, Nadia, Melina, Pasquale, Pietro, Gigliola, Pinuccia et les autres.

J’ai relu les deux tomes, soit 1008 pages x 2 en quelques jours. Il paraît que les romans d’Elena Ferrante sont addictifs.

Je confirme.

L'amie-prodigieuse

Le thème ? pas seulement l’amitié. Cette amitié persistante n’existerait pas sans la douance et les affres de celle-ci, la douance sur fond de misère napolitaine aux alentours des années 50/60, à l’époque ou il semble que la violence faite aux femmes soit la norme. Brimées, violées, engrossées, aliénées, jalouses et jalousées, cocufiées, illettrées, les femmes n’ont qu’un destin, celui de s’étioler dans la fange.

Sauf si …

J’attends avec impatience de pouvoir lire le tome 3 et le tome 4 mais les deux derniers romans n’ont pas encore été traduits en français. En attendant, je vous conseille D’acier de Silvia Avallone, un univers assez proche de celui d’Elena Ferrante.

Personne ne connaît l’identité d’Elena Ferrante sauf son éditeur italien. Personne ne sait pourquoi elle a préféré rester très discrète depuis la parution de son premier roman. Elle a raison. Parce que ce qui devrait compter avant tout pour un auteur, ce n’est pas la reconnaissance de n’importe qui, ce sont les lecteurs et les lectrices et, mamma mia ! des lecteurs, elle en a plein dans le monde entier.

Ce qu’elles écrivent…

 

enveloppe

Depuis La vocation de Sophie Fontanel, j’ai lu quatre romans. Soit quatre romans en une semaine (bien plus à vrai dire). Depuis que j’ai posé un peu les pinceaux (quoique) j’ai du temps.

Un journaliste a dit du dernier roman d’Isabelle Monnin Les gens dans l’enveloppe que c’était un chef d’oeuvre de la littérature. Je crois que c’est Yann Moix. Si vous suivez l’actualité, vous n’avez pas pu passer à côté de la promotion faite autour de ce livre lors de la rentrée littéraire de 2015 et si ça vous dit de lire ce roman, ne lisez rien d’autre que mon article! Parce que Les gens dans l’enveloppe c’est un roman en trois parties: Un roman construit à partir des photos que l’auteure a acheté dans une brocante pour même pas 10 €, l’enquête sur les gens qui sont sur ces photos et un CD.

Dans cet article, je dévoile rien sur l’enquête, sinon je vais vous retirer l’envie de le lire.

Le CD je ne l’ai pas écouté, parce que je n’aime pas la chanson française.

L’imagination d’Isabelle Monnin, archéologue des seventies, est-elle si éloignée de l’enquête?

Tout ce que je peux vous dire c’est que c’est passionnant !

Les gens dans l’enveloppe, c’est un peu nous. Nous, esquintés par notre histoire familiale, histoire que nous ne connaissons même pas. Esquintés, par ceux qui ne nous aiment pas tant que ça.

J’ai récidivé avec Sophie Fontanel en lisant L’envie. Pourquoi faut-il toujours justifier de sa sexualité vis à vis d’abrutis( ies) qui pensent queue que… Parce qu’ils ont quelqu’un. Parce qu’ils sont ou ont été mariés, ou sont ou ont été en couple. La plupart du temps, ils se font maltraiter sous nos yeux et le pire dans tout ça c’est qu’ils se doivent fidélité! Ha! ha! ha!

Je me suis sentie très concernée par ce témoignage. Si Sophie Fontanel aime les beaux habits, elle écrit aussi avec élégance.

 

L’accabadora. Au fait vous savez ce que c’est qu’une accabadora? c’est une personne vêtue de noir et qui frôle les murs des villages sardes, la nuit survenue, pour se rendre au chevet de celui qui n’en peut plus. C’est aussi une belle histoire sur la filiation mère/fille surtout lorsque la mère et la fille ne le sont pas. Un beau roman de Michela Murgia.

 

Vieille France cest encore un roman écrit par une femme. Décidément. Un roman que j’ai lu pendant lors d’un après-midi pluvieux. Hélène Millerand a une belle plume et ça fait du bien surtout à l’ère des réseaux sociaux. C’était ça la vie de domestique juste avant le seconde guerre mondiale? J’ai dû relire plusieurs fois quelques passages, parce que je n’y croyais même pas. Bénédicte est issue de la petite noblesse versaillaise et elle a commis une faute même si ce n’est pas de sa faute. Mise à la porte par sa mère, elle  se place comme gouvernante. Déclassée, Catholique, antisémite, fille-mère, elle va affronter les évènements en prenant soin, non pas des siens qui ne l’aiment pas, mais des autres qui ont besoin d’elle. Elle pense avoir barré le cours de son existence. C’est faux, en fait.

Bonne lecture ! et si vous avez des suggestions, n’hésitez pas!