Rosa candida ou le monde rêvé d’Auður Ava Ólafsdóttir.

Rosa Candida

Rosa Candida est un roman très différent de celui que j’ai lu au début du mois : “Une famille ancienne“. Le narrateur islandais de Rosa Candida, est un jeune homme qui quitte son père et son jumeau Josef, autiste, pour aller soigner des roses Candida dans le monastère d’un pays que l’on ne connaît pas. Arnjoltur est déjà père d’une petite fille conçue par accident 9 mois plus tôt. Ce n’est pas un naïf mais un Candide des temps modernes. Il va voyager avec trois boutures de rosiers, des rosiers rares, dont les fleurs ont huit pétales et son amour des fleurs le fait passer auprès de ses interlocuteurs pour un homosexuel. Malgré toutes les péripéties qu’il va vivre durant ce voyage initiatique, Arnjoltur va s’en sortir parce qu’il sait faire confiance aux autres ; notamment au frère Thomas, un moine cinéphile un peu porté sur la liqueur et avec qui, il va essayer de dissiper sa crainte des corps et sa crainte de la mort.

Comme pour “Une famille ancienne” j’ai choisi de lire “Rosa Candida” parce que j’aimais bien le graphisme de sa prem’s de couverture. Un graphisme signé David Pearson. Entre la lecture de “Une famille ancienne” et “Rosa Candida”  il y a eu quelques livres que j’avais sélectionné aussi pour leur couverture mais ils me sont tombés des mains.

David Pearson

David Pearson pour les éditions Zulma.

David Pearson est un designer Londonien reconnu pour son travail sur les couvertures de livres, notamment pour l’éditeur britannique Penguin Books et les éditions Zulma.

Auður Ava Ólafsdóttir ne s’attache pas autant que moi sur le design des couvertures. Elle prend soin de lire les premières et les dernières lignes d’un roman afin de se rendre compte si le style de l’écrivain lui convient ou pas et elle ne lit jamais de romans policiers parce qu’elle ne supporte pas la violence.

Rosa Candida c’est un très beau roman, un roman rare, un roman qui rend heureux. Il a été couronné par de nombreux prix littéraires ; le climat est assez proche de l’un de mes romans préférés de 2016 : Moi et mister Mac d’Esther Freud. J’ai commencé Rosa Candida mercredi après-midi, après avoir cuisiné un gâteau de riz à l’orange et d’ailleurs dans ce roman s’il est question de jardinage, il est aussi question de recettes de cuisine. J’ai terminé le roman dans la nuit de jeudi, je n’arrivais pas à le lâcher. Avant d’aller me coucher j’ai mangé une part de mon gâteau tout en regardant par la fenêtre. Dehors il ne se passait rien.
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Auður Ava Ólafsdóttir.

Coup double.

 

Ch'ôn Myônggwan

La semaine dernière, j’ai fait coup double en découvrant un écrivain coréen Ch’ôn Myônggwan et un artiste chinois Liu Ye. Si j’ai lu “Une famille ancienne” c’est parce que j’ai été séduite par l’illustration de la première de couv’ du roman, roman publié il y a quelques mois chez Actes Sud. Peu de lecteurs connaissent cet écrivain et c’est bien dommage parce que son dernier roman est très amusant, mais pas seulement ; c’est aussi très bien écrit. Dans cette famille tout dysfonctionne : les enfants ont entamé la cinquantaine mais contraints par les aléas de la vie, ils retournent vivre chez leur mère âgée de soixante-dix ans après avoir expérimenté l’escroquerie, l’alcoolisme, l’obésité, le viol sur mineure et la prostitution.

Oui, ça m’arrive souvent de choisir un roman pour sa première de couv’. Je ne lis jamais une critique littéraire, et si tous les mois j’ai un oeil sur edistat.com ça ne m’influence pas.

Ch'ôn Myônggwan

Au fait quel est mon top trois littéraire (quatre en fait) de 2016 ?

Ch'ôn Myônggwan

Liu Ye et Ch’ôn Myônggwan sont nés la même année. Li Ye est un artiste chinois mais à la différence de beaucoup de ses contemporains son travail n’a jamais eu d’implication politique. Sans doute parce qu’il a fait ses études en Europe. J’aurais juré que Li Ye était une femme parce que son univers est inspiré des contes de fées et de Miffy le lapin. Mondrian fait aussi une apparition récurrente dans ses compositions.

Est-ce qu’en ce moment je lis quelque chose parce que j’ai été séduite par la première de couv’ ? Oui.

Ch'ôn Myônggwan

Romans addictifs.

Elena Ferrante

Cet été j’ai un point commun avec Alain Juppé, celui d’avoir mis dans ma liste des lectures de l’été : L’amie prodigieuse et la suite de ce roman L’autre nom d’Elena Ferrante. Lectures conseillées par une lectrice assidue de Lavieenrouge.

Au début, tous ces prénoms italiens c’était un peu l’embrouille : Antonio, Stéphano, Lila, Lina, Lénù, Fernando, Marcello, Donato, Nino, Alfonso, Enzo, Rino, Nella, Carmen, Ada, Marisa, Michele, Nadia, Melina, Pasquale, Pietro, Gigliola, Pinuccia et les autres.

J’ai relu les deux tomes, soit 1008 pages x 2 en quelques jours. Il paraît que les romans d’Elena Ferrante sont addictifs.

Je confirme.

L'amie-prodigieuse

Le thème ? pas seulement l’amitié. Cette amitié persistante n’existerait pas sans la douance et les affres de celle-ci, la douance sur fond de misère napolitaine aux alentours des années 50/60, à l’époque ou il semble que la violence faite aux femmes soit la norme. Brimées, violées, engrossées, aliénées, jalouses et jalousées, cocufiées, illettrées, les femmes n’ont qu’un destin, celui de s’étioler dans la fange.

Sauf si …

J’attends avec impatience de pouvoir lire le tome 3 et le tome 4 mais les deux derniers romans n’ont pas encore été traduits en français. En attendant, je vous conseille D’acier de Silvia Avallone, un univers assez proche de celui d’Elena Ferrante.

Personne ne connaît l’identité d’Elena Ferrante sauf son éditeur italien. Personne ne sait pourquoi elle a préféré rester très discrète depuis la parution de son premier roman. Elle a raison. Parce que ce qui devrait compter avant tout pour un auteur, ce n’est pas la reconnaissance de n’importe qui, ce sont les lecteurs et les lectrices et, mamma mia ! des lecteurs, elle en a plein dans le monde entier.